Semaine du 4 au 8 Mai : MARE NOSTRUM -retour des frontières-

Huitième semaine confinée, peut être la dernière… J’ai commencé mes publications hebdomadaires avec l’idée de donner à voir, à penser, à rêver en présentant parfois des travaux en cours. Je termine aujourd’hui cette série de publications par le travail MARE NOSTRUM.

MARE NOSTRUM est une expression latine, littéralement NOTRE MER, utilisée par l’empire romain pour qualifier la mer Méditerranée. Cette appellation fût reprise en 1926 par le dictateur fasciste Mussolini. MARE NOSTRUM est aussi le nom donné à l’opération militaire et humanitaire conduite par l’Italie à partir d’octobre 2013, suite au drame de Lampedusa où 336 personnes sont mortes noyées à moins de deux kilomètres de la côte, à sept heures du matin, le 3 octobre. Le but de cette opération MARE NOSTRUM était de porter secours aux migrants venant des côtes du nord de l’Afrique et d’éviter d’autres tragédies de naufrages, en surveillant les eaux italiennes nuit et jour. Cette opération ne durera qu’une petite année, l’Italie refusant de porter seule l’effort des secours en mer, se tournant alors vers le reste de l’Union Européenne pour lui demander de prendre sa part de responsabilités.

Je ne retient que la première et la dernière définition de MARE NOSTRUM pour mon travail, préférant ignorer le délire sanguinaire d’un dictateur.

Je me considère comme un enfant de la Méditerranée, étant né sur sa rive, ayant passé la majeure partie de ma vie auprès de ses ressacs. Je n’arrive pas à concevoir que la belle expression MARE NOSTRUM, dans le sens latin, se soit pas devenue une réalité politique rassemblant les peuples qui bordent cette mer berceau de tant de beautés naturelles comme humaines…

Vecteur d’échanges et de civilisation, cette mer commune, au lieu de nous rassembler est aujourd’hui plus que jamais le symbole des frontières que nous imposons, que nous nous imposons, que nous subissons, frontière géographique-frontière symbolique.

A l’heure du déconfinnement où des frontières symboliques comme physiques se rapprochent de chaque individu un peu plus, d’un mètre ou de cent kilomètres peu importe, période où l’autre est vu plus que jamais comme un danger possible, j’ai pensé que mon travail MARE NOSTRUM méritait d’être visible, même à l’état d’étude.

Je me répète, mais je voulais donner à voir, à penser, à rêver avec mes chroniques…

 

Bon déconfinement à tous.

Triptyque, aquarelle et crayon sur papier, 2013.

MARE NOSTUM 1Dessin, aquarelle et crayons de couleur, 2014-2020.

MARE NOSTRUM IVEtude, aquarelle, 2015-2016.

 

MARE NOSTRUM IIIEtude, encre d’imprimerie, encre à l’eau, crayons de couleur, 2020.

 

MARE NOSTRUM IIEtude, craie blanche et sanguine, 2020.