Semaine du 27 avril au 1er Mai : De l’art en temps de crise.

Septième semaine du Grand confinement dans un monde où la moitié de la population est suspendue, devant faire face à cette situation exceptionnelle, septième semaine à réfléchir et redéfinir le nécessaire.

 

Les calanques 1995 2Les calanques, encre de chine, 1995.

Pour ma part c’est une réflexion sur la place et l’utilité de l’artiste dans la société du quotidien que je voudrais partager. Une question de fond d’habitude, une interrogation qui forcément revient à moi régulièrement lorsque le monde tourne comme une machine, mais qui prend en ce moment plus d’épaisseur.

J’observe des propositions culturelles dématérialisées se répandre gratuitement un peu partout. Musiciens, acteurs et autres artistes offrent à la vue de tous, leurs talents. Les plasticiens aussi bien entendu et par mes chroniques hebdomadaires je sais participer de ce mouvement.

Cependant je suis inquiet pour l’avenir car je crains deux choses :

Un défaut de l’attention.

La culture risque d’être mise à mal par ce que nous vivons et après la brève bouffée d’oxygène, post déconfinement à venir, j’ai le sentiment qu’un grand recul de l’attention va avoir lieu. Certainement détourné par d’impérieuses nécessités matérielles je crains une absence du public critique, cela appuyé par une sourde dématérialisation des œuvres d’art que la crise actuelle justifie. A mon sens, une mutation est en cours et une paupérisation du statut de l’œuvre d’art pousse inexorablement la culture vers une sous catégorie du divertissement, à consommation rapide.

Une récession du secteur.

Des pans entiers de production et de diffusion de l’Art sont à l’arrêt. Les téléphones ne sonnent plus dans les ateliers, les lieux de création ou de diffusion ne répondent plus et il est certain qu’un grand nombre d’entre eux ne pourront pas se relever de cette crise sanitaire. Dès lors, je pense que le monde de l’Art va certainement se rétracter, il y aura dans les années à venir moins de projets ambitieux, moins d’offres originales et probablement moins de marché avec un repli spéculatif sur des valeurs déjà sûres ou des redites confortables de forme.

Pourtant les artistes seront encore là demain, les conservateurs aussi, les producteurs et les musiciens, les directeurs de théâtres, de cinémas, de musées, les acteurs et les graveurs… Alors oui, mon questionnement sur la place et la nécessité de l’artiste et de tous ceux qui l’entourent se fait plus lourd.

Je souhaite me tromper, mais pour l’heure l’art n’est semble t-il pour beaucoup pas une nécessité mais un divertissement de temps de crise…

 

Les calanques 1995 1Les calanques II, encre de chine, 1995.

 

 

 

Bonne semaine à tous.