Semaine du 20 au 24 avril : En parallèle…

Cinquième semaine de confinement.

Cette semaine grand ménage quinquennal à l’atelier, rangement qui m’a fait voyager dans le temps et ressortir du mètre cube de papier manipulé ces derniers jours, d’anciens dessins inachevés que j’ai remis sur la table de travail, résultat : quelques pochades d’études de couleurs.

 

Au début des années 2000 j’ai décidé de quitter les voies de l’abstraction pour pousser mes crayons uniquement vers la figuration, pourtant à cette époque il n’était pas de mode de dessiner ni de représenter. J’empruntais, me semblait-il une route parallèle.

Au fil du temps, mon rapport au monde a été profondément formé par le dessin sur le vif et a fondé chez moi un regard analytique qui découpait et décomposait tout le temps les éléments qui m’entouraient. Pour ne pas tomber dans une expression mécanique j’ai accompagné mon regard d’un geste ultra-sensible trouvé dans la gravure et cherché un accord, un équilibre pour rendre mon travail unique et personnel.

Cette semaine j’ai repris quelques dessins anciens continuant les recherches sur la couleur que je mène depuis quelques semaines.

Dans un monde où la moitié de la population est confinée, j’ai cependant le sentiment d’être toujours sur un route parallèle en réalisant ces études en dehors du monde commun. Ayant installé voilà plus de dix ans mon atelier-imprimerie dans un milieu rural, menant de front ma production artistique et une activité agricole, j’ai pris l’habitude de regarder avec du recul l’effervescence du monde. Le rôle de l’artiste n’est-il pas de continuer son chemin sans se laisser happer par l’actualité immédiate, de garder ce recul indispensable à la formation d’une réflexion de longue haleine ?

Alors l’isolement choisit, parfois si difficile à supporter dans le quotidien du labeur, est à présent avec le printemps qui se réveille et la situation de confinement une position bien étrange, mais je continue sur mon chemin parallèle…

17 mars 2020.

 

temperaÉtude, tempera sur papier.

Trois études de couleurs, pastels à l’huile fondus sur papier, 26×26 cm, 2020.

Études à mettre en regard au Triptyque sur toile de 2008.

3 Nus (1)Trois études de couleurs, d’après la série précédente, crayon aquarelle et brou de noix artisanal sur toile, 7,5×7,5 cm environ X3, 2020.

Trois études de couleurs, pastels secs et craies à la cire.

Ce travail est à mettre en regard à la série de pastels secs réalisés en 2014, Des Nu(e)s.

 

 

Bonne semaine à tous.