Exposition : LUMEN-S- corps mouvants

  J’aurai le plaisir de vous présenter mes dernières créations lors de l’exposition
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Notes de travail, après six journées de dessin passées lors de la résidence de la compagnie CONTREPOINTS de Yann Raballand (Clermont-Ferrand) en création au théâtre d’Aurillac, pour le spectacle chorégraphique FLUX.

Cette exposition présente plus de 100 dessins réalisés lors de ces séances. Ils sont présentés ici comme la matière brute d’une création en cour et sont accompagnés d’Œuvres sur papier plus anciennes, qui éclairent la démarche de l’artiste. Il s’agit du premier temps de présentation du travail de création graphique, autour de la danse, mené par Laurent Nicolaï. Ce travail sera développé au fil de la saison et des rencontres avec d’autres compagnies de danse. Un second temps d’exposition sera proposé l’année prochaine.

 CORPS MOUVANTS

« MON IDÉE PRINCIPALE, LORSQUE J’AI ABORDÉ CE TRAVAIL, ÉTAIT DE METTRE EN ÉVIDENCE LE MOUVEMENT DES CORPS DANS LA DANSE, DE SAISIR L’ESSENCE DU MOUVEMENT DES DANSEURS.

J’AI SOUHAITÉ, POUR CELA, TROUVER UNE ÉCRITURE NOUVELLE EN PROLONGEMENT DE MON TRAVAIL RÉCENT.

J’AI CHOISI D’UTILISER DES OUTILS SIMPLES AUX ARTIFICES LIMITÉS TELS QUE DU FUSAIN, DES CRAIES ET DES BÂTONS DE SANGUINE. ALORS J’AI SAISI SUR PAPIER DES LIGNES, DES SILHOUETTES, DES DÉCOUPES DE LUMIÈRE, SUR LES CORPS DES DANSEURS, DANS LEUR ÉLAN.

J’AI VOULU TRACER MES LIGNES LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE, DANS L’INSTANT, EN ÉVITANT DE DESSINER DE MÉMOIRE AFIN DE SAISIR À CHAQUE FOIS LE MOUVEMENT EN COUR, CHERCHANT À EN GARDER LA VIGUEUR DANS DES TRACÉS PLUS OU MOINS APPUYÉS MAIS TOUJOURS FRANCS. PARFOIS J’AI COMPLÉTÉ MON DESSIN PAR DES ZONES DE GRISAILLES POUR TRANSCRIRE RYTHME ET PROFONDEUR, FAIRE UNE MISE EN ESPACE. SELON LA DISTANCE DU CORPS OBSERVÉ, UNE CERTAINE NOTION D’ÉCHELLE PERMET AUSSI DE CRÉER UN ESPACE DANS LA FEUILLE, CELA AJOUTE DE LA PROFONDEUR À L’IMAGE.

POUR APPRÉHENDER L’ENSEMBLE DES MOUVEMENTS RÉALISÉS SIMULTANÉMENT SUR SCÈNE PAR LES NEUF DANSEURS, J’AI CHOISI DE COLLER MON TRACÉ AU CORPS QUITTE À DÉCONSTRUIRE LES SILHOUETTES, À MÉLANGER LES CORPS DES DANSEURS ET PRODUIRE UNE IMAGE SYNTHÈSE DU MOUVEMENT, LE RÉSULTAT DEVIENT UN ENTRELACS DE LIGNES ABSTRAITES, SUITE DE NOTES TOUCHANT À L’ESSENCE DU MOUVEMENT. C’EST CE QUE J’APPELLE LES CORPS MOUVANTS.LUMEN-S- (11)LUMEN-S- (15)

Corps mouvants, sanguine sur calque 50×65 cm, suite de 34 dessins. 2018.

MAIS CETTE ABSTRACTION EST TRANSFORMÉE PAR NOTRE REGARD ATTENTIF PUIS NOTRE ESPRIT (SATURÉS AU QUOTIDIEN D’IMAGES EN MOUVEMENTS), ILS RECOMPOSENT UN CORPS ET NOUS FONT RECONNAITRE PARFOIS UNE SILHOUETTE. LA LECTURE DE MON TRAVAIL DANS SON ENSEMBLE, PREND, DE PAR LA PROFUSION DES DESSINS, UN ASPECT FONDAMENTAL DANS CE PROCESSUS DE RECONNAISSANCE DES CORPS MOUVANTS.

LUMEN-S- (1)Suite Zerkal, sanguine sur papier, 60×80 cm. 2018.

A L’ORIGINE

A L’ORIGINE DE CE TRAVAIL IL Y A PLUS DE DIX ANNÉES PASSÉES À DESSINER DES CORPS, COMPRENDRE LEURS ARTICULATIONS, SENTIR LEURS POIDS, CHERCHER COMMENT LA LUMIÈRE LES FAIT JAILLIR DANS L’ESPACE. DE NOMBREUX DESSINS À LA LIGNE POUR COMPRENDRE LES RELATIONS ENTRE LES DIVERS ÉLÉMENTS QUI CONSTITUENT UN CORPS. RAPIDEMENT CEPENDANT IL M’EST APPARU QUE LA RAPIDITÉ DE MON DESSIN DEVAIT ÊTRE POUSSÉE À L’EXTRÊME POUR OBTENIR DES IMAGES OÙ LES CORPS VIBRAIENT D’UNE MANIÈRE PARTICULIÈRE, ILS SEMBLAIENT ALORS ÊTRE MOINS STATIQUES.

POUR APPUYER CELA ENCORE UN PEU PLUS J’EN SUIS ARRIVÉ À FAIRE BOUGER LE MODÈLE AVEC DES MICROMOUVEMENTS, MA RENCONTRE AVEC DES DANSEURS ET QUELQUES SÉANCES DE TRAVAIL À LEURS CÔTÉS ONT LANCÉ CE PROCESSUS. DÈS LORS IL NE FUT PLUS POSSIBLE DE DESSINER UN CORPS IMMOBILE CAR CES MICROMOUVEMENTS DONNAIENT À MES DESSINS UNE PRÉSENCE SI FORTE QU’EN QUELQUE SORTE ILS JUSTIFIAIENT LA PRÉSENCE DE CES CORPS.

LUMEN-S- (14)A l’origine, 2006-2017.

AYANT TROUVÉ LA MÉTHODE IL AURA FALLU ENCORE QUELQUES ANNÉES POUR TROUVER LE MOYEN DE TRANSCRIRE CELA. DESSINER INLASSABLEMENT A ÉTÉ LA SEULE SOLUTION, TOUJOURS PLUS VITE AVEC RYTHME, COMME UN BATTEMENT, TOUJOURS PLUS FIN, POUSSER LES RECHERCHES GRAPHIQUES AVEC BEAUCOUP D’ÉNERGIE EN GARDANT EN TÊTE LE RESPECT DU CORPS DANS L’EXPRESSION DE SON TRAITEMENT. FUIR UN CERTAIN ESTHÉTISME DU DESSIN AUSSI ET M’ACCROCHER AU CRAYON, À LA PLUME, À L’ENCRE DE CHINE, DES OUTILS QUI NE TRICHENT PAS QUANT À LA SENSIBILITÉ DE MON DESSIN.

AVEC LE TEMPS LA CADENCE DU MOUVEMENT S’EST ACCENTUÉE, DEPUIS UN SIMPLE MOUVEMENT COMME  LE SENS DE LA MARCHE JUSQU’À LA COURSE FOLLE DE NEUF DANSEURS SUR LE PLATEAU DE CE THÉÂTRE. MAIS LE DÉSIR DE TROUVER UN NOUVEAU MOYEN DE LE TRANSCRIRE EST TOUJOURS LÀ.

MA RECHERCHE CONTINUE … »

UN THÉÂTRE

Un théâtre comme lieu de représentation où l’on vient voir seul, en famille ou entre ami un spectacle bien sûr, mais un théâtre c’est surtout un lieu de création, de résidence dit-on aujourd’hui, c’est un cocon où des artistes chanceux peuvent se réfugier pour mener à bien leur travail. En cela c’est un lieu rare, très rare de nos jours, il faut le dire. A la proposition de Dominique Bertrand, directeur du théâtre d’Aurillac, de faire une exposition de son travail, j’ai préféré mettre en avant la création telle qu’elle se fait aujourd’hui, en ces murs.

LAURENT NICOLAÏ

Ce travail est à rapprocher d’une autre série de dessins sur la danse NOUS SOMMES